mardi 3 janvier 2017

Edito 7 - Nous voulons recevoir le monde (2016)




Nous voulons recevoir le monde. Non le visiter, le décrire ou l’appeler d’un nom propre à être entendu par tous – mais le laisser venir à nous, et nous submerger, quelle que soit notre condition ou notre parcours. Une pierre engloutissant un être –
Cette pierre est un visage taillé par les événements ; mais quelque chose, d’ici, nous échappe, lorsque nous le regardons attentivement, sans réserve – une impression aussi fugace et vive qu’elle semble remonter à un âge préhistorique, à l’art pariétal. Un signe qui se perpétue sans rien perdre de son mystère, car un regard le redécouvre toujours.
Nous ne prétendons pas donner une légende à ce visage. C’est un nuage, qui part sitôt qu’il nous a étonnés par sa forme –

Descendons maintenant dans une ville, par ses lézardes, ses failles, ses histoires d’amour. Qu’elle revête le masque de la courtisane ou le métal du robot, elle crie notre amitié au passant attentif, à celui ou celle qui a tendu une oreille réceptive ; puis cèle notre solitude, l’instant d’après.
Qu’elle vienne à s’embraser ou à s’éteindre, c’est en traversant nos corps, les corps de nos proches, comme un météore trouant les nuages, venu nous donner des nouvelles du plus lointain cosmos –
Nous voulons donner à lire ce passage –


« Paysages miraculés de l’ère des dieux,
Paysages glacés de l’ère digitale.
Mon œil s’allonge à l’horizon
Et embrasse le doute avec la pensée.
Il est clair, calme, d’habiter ici
Un jour où l’écrire nous est permis. »


P.S, 2016

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