mardi 3 janvier 2017

Edito 8 - Note explicative (2016)


Note d’explication
Journal de mes Paysages, le souhait


Dans Journal de mes Paysages, le souhait fut formulé assez tôt de ne pas s’intéresser seulement à l’objet en tant que produit fini, mais de concevoir l’objet qui emmène à la rencontre des autres. L’objet et l’interaction qu’il crée avec son environnement. Un objet « navette » qui amarre en des lieux différents, accueille des textes venus des lointains ou des proches. S’il ouvre sur autre chose que le texte, laisse place aux territoires évoqués dans ses pages, invite les hommes qui les ont parcourus, c’est parce qu’il s’agit de mettre l’accent sur ce qu’il y a de généralement social, anthropologique, géographique dans ces interactions. La qualité de l’information tient au fait que sa valeur se rapporte au vécu et non seulement à la qualité des textes. Le livre compte aussi, bien sûr, plus que jamais, en raison du goût que l’éditeur y met, du travail dont il témoigne ; de sa raréfaction générale.

Il n’est pas rare cela dit, en Poésie et Voyage, que ce soit les rencontres qui assurent l’essentiel de la promotion et de la diffusion. Et si cela peut être considéré comme une voie transversale, née d’un manque de réceptivité des lecteurs et du marché du livre à l’égard de ces genres littéraires, ce n’est pas si terrible. On peut décider de s’interroger davantage sur ce qui régit la transmission de la littérature. Les points de vente des livres sont limités par des choix et des visées, mais c’est aussi avec cela que nous avons souhaité composer, et avons pu commencer. Donc, en proposant parmi la foule des petites revues, souvent référencées ou liées à de nombreux blogs, notre petit livre de couleur unie…

Un objet modeste qui malgré tout trouve rivages où être lu, où répondre, où donner dans les paysages individuels des ouvertures. Ce serait une résistance à l’individualisme, de rigueur, dérouté du réel (autant le plus ancien que le plus serein) ; parce que désirant faire bruire le quotidien actuel. Et redonner à la littérature sa fonction première, celle de faire passer. On attribue ainsi aux auteurs leur place dans une littérature où l’on a plutôt tendance à préférer les personnages, et l’imaginaire (voie plus vaste et plaisante), alors même qu’on connait assez peu nos espaces. On va dans ce propos permettre la fiction, mais avec ce recul, ce témoignage qui permet de « donner à voir ». Il s’agit de s’inscrire donc dans une dynamique de reportage sur les sujets que tout le monde peut s’approprier, des auteurs avertis et des amateurs qui se prêtent au jeu. Et si nous ne nous refusons pas à d’élégants styles, quelques mots, quelques notes sur une vue singulière du monde peuvent y tenir leur place.

Comme cela nous espérons que les rencontres, autour de ces sujets trop rares, qui sont organisées lors de la sortie des numéros, ou parfois quelques échanges lorsque le temps le permet, soient aussi une manière d’écrire et de tout simplement faire passer des données culturelles. Une manière de créer des itinéraires singuliers dans la carte culturelle francophone. Un sens à la petite édition, comme un chemin. Ce qu’on pourrait attendre d’un journal aussi. Ce que l’on attend du nôtre en tout cas.


M.W, 2016

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