mercredi 3 mai 2017

cadran terrestre n°12 : "comme je regardais le monde, et comme j'écoutais l'été obscur des cris..."

Comme je regardais le monde, et comme j’écoutais
l’été obscur des cris,
Et comme, couvert de l’aile illuminée du monde,
J’animais pour L’épandre cette odorante Cause où
je m’étais patiemment surpris,
il me vint une voix dominant le plus sombre
Matin de pluie ou compagnon de mon ombre.
L’aube à peine éclairait Midi ; or Midi pâlissait
à peine.
C’était sur la Terre partout la Terre souveraine.
Une forêt limpide fuyait
Sur les dons limpides du Soleil secret.
Nous ne nous dispersions dans l’empire du jour,
Le jour fidèle ne soufflait de son amour
Que pour mieux célébrer, nuit claire, ta tendresse,
Ô principielle fleur, la Nuit — et la Nuit cesse,
Ô Parole luisante, le Lieu même, l’écho de lumière
où tu luis !
Quand je me retournai vers l’Arbre, enté sur la
splendeur nouvelle des Hauteurs,
Je vis qu’il grandissait au milieu de si belles
Feuilles que dans son chant elles s’appelaient fleurs.

Pierre Oster, Paysage du Tout
p.44-45, éd. Gallimard

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